Quels sont les changements des frais kilométriques pour 2024 ?
Frais kilométriques 2024 : découvrez le barème fiscal, les règles de déclaration, les cas électriques et les limites du remboursement employeur en pratique.
Les « frais kilométriques 2024 » désignent le plus souvent le barème publié au printemps 2024 pour la déclaration des revenus de 2023. Ce point de calendrier est essentiel : le barème ne sert pas à se faire rembourser automatiquement par son employeur, ni à déduire les kilomètres parcourus en 2024 sur la déclaration déposée la même année.
En 2024, le changement principal est justement l’absence de revalorisation générale : le barème automobile est resté identique à celui utilisé l’année précédente. Voici comment l’interpréter, calculer vos frais réels sans erreur et distinguer la déduction fiscale du remboursement professionnel.
Ce qui change réellement pour les frais kilométriques en 2024
Le barème kilométrique publié en 2024, utilisé pour les revenus et trajets de 2023, n’a pas connu de hausse générale par rapport au barème précédent. Cette stabilité fait suite à une revalorisation notable intervenue auparavant dans un contexte de hausse des coûts d’usage des véhicules.
Autrement dit, il ne faut pas rechercher un nouveau taux lié à chaque variation du prix à la pompe. Le barème fiscal est fixé annuellement par l’administration. Il intègre forfaitairement plusieurs frais liés à l’utilisation d’un véhicule personnel :
- la dépréciation ou l’amortissement du véhicule ;
- l’entretien et les réparations courantes ;
- les pneus ;
- l’assurance ;
- le carburant ou l’énergie ;
- pour les véhicules électriques, une majoration spécifique du résultat obtenu.
Cette distinction explique une grande partie des confusions. Une note de frais remise à l’entreprise en septembre 2024 et une déduction de frais réels sur une déclaration fiscale ne suivent pas nécessairement le même calendrier ni les mêmes règles.
Le barème kilométrique automobile 2024 : les montants à appliquer
Le calcul dépend de deux éléments : la puissance administrative du véhicule, indiquée en chevaux fiscaux (CV) sur le certificat d’immatriculation, et la distance annuelle parcourue à titre professionnel, notée d.
Pour les voitures, le barème applicable à la déclaration 2024 des revenus 2023 est le suivant.
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | d × 0,316 + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | d × 0,340 + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | d × 0,357 + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | d × 0,374 + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | d × 0,394 + 1 515 | d × 0,470 |
Les montants sont exprimés en euros. La lettre d correspond à l’ensemble de vos kilomètres professionnels admissibles sur l’année, et non à vos seuls trajets domicile-travail.
Exemple de calcul pour une voiture
Une salariée utilise une voiture de 5 CV pour effectuer 8 000 kilomètres professionnels déductibles en 2023. Elle se situe dans la tranche de 5 001 à 20 000 km :
8 000 × 0,357 + 1 395 = 4 251 €
Son montant forfaitaire de frais kilométriques est donc de 4 251 €, avant l’ajout éventuel de dépenses admises séparément, comme les péages professionnels.
Ne découpez pas artificiellement vos kilomètres entre les tranches. Il faut choisir la formule qui correspond au total annuel de kilomètres. Les constantes ajoutées dans la tranche intermédiaire évitent une rupture de calcul entre les seuils.
Véhicule électrique : la majoration de 20 % reste applicable
Pour un véhicule exclusivement électrique, le résultat calculé avec le barème est majoré de 20 %. Il faut donc appliquer la majoration après avoir utilisé la formule correspondant à la puissance fiscale et au kilométrage.
Dans l’exemple précédent, si le véhicule de 5 CV est électrique :
4 251 € × 1,20 = 5 101,20 €
Cette règle vise à tenir compte de coûts d’usage particuliers, notamment liés à la batterie. Elle ne permet pas de cumuler librement le barème et les dépenses d’électricité de recharge : l’énergie est déjà comprise dans le forfait kilométrique.
Et pour les motos, scooters et cyclomoteurs ?
Les deux-roues disposent de leur propre barème. Il dépend de la cylindrée pour les motos et de la catégorie du cyclomoteur. Pour une moto, les formules de référence du barème 2024 sont les suivantes.
| Puissance de la moto | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d × 0,315 | d × 0,079 + 711 | d × 0,198 |
| 3, 4 ou 5 CV | d × 0,372 | d × 0,093 + 935 | d × 0,250 |
| Plus de 5 CV | d × 0,434 | d × 0,109 + 1 168 | d × 0,292 |
Un barème distinct existe pour les cyclomoteurs. Avant de déclarer vos frais, vérifiez votre catégorie et votre puissance sur les documents du véhicule ou dans la notice officielle de l’administration fiscale. Les vélos et vélos à assistance électrique n’entrent pas dans ce barème automobile : les dépenses réellement supportées peuvent, dans certains cas, être prises en compte au titre des frais réels, avec justificatifs.
Frais kilométriques ou déduction forfaitaire de 10 % : que choisir ?
Par défaut, les salariés bénéficient d’une déduction forfaitaire de 10 % sur leurs revenus imposables pour couvrir les dépenses professionnelles courantes. Choisir les frais réels est une option : elle devient intéressante seulement si le total de vos dépenses professionnelles justifiées dépasse cette déduction automatique.
| Situation | Option souvent la plus adaptée | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Peu de trajets, télétravail fréquent | Forfait de 10 % | Simplicité et montant de la déduction automatique |
| Long trajet domicile-travail régulier | Frais réels | Kilométrage admissible et justificatifs |
| Véhicule personnel utilisé pour des missions | Frais réels ou remboursement employeur | Part réellement non remboursée |
| Beaucoup de péages et de déplacements | Frais réels | Total barème + frais additionnels admis |
Le calcul à faire est simple : estimez d’abord le montant du forfait de 10 %, puis additionnez vos frais réels admissibles. Retenez l’option la plus favorable, à condition de pouvoir la justifier. L’option pour les frais réels concerne l’ensemble des salaires déclarés par le foyer concerné : il ne s’agit pas de panacher librement les deux méthodes pour un même revenu.
Quels trajets sont déductibles ?
Les kilomètres doivent correspondre à des déplacements engagés dans l’intérêt de votre activité professionnelle et effectivement payés par vous. Cela peut inclure :
- les trajets entre le domicile et le lieu de travail ;
- les déplacements entre deux lieux de travail ;
- les rendez-vous chez un client, un fournisseur ou sur un site extérieur ;
- les missions, formations ou déplacements professionnels imposés par l’employeur.
La limite habituelle des 40 kilomètres domicile-travail
Pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail, l’administration admet en principe une distance de 40 km par trajet simple. Au-delà, la déduction de la distance supplémentaire suppose de pouvoir justifier l’éloignement : emploi du conjoint, difficulté à trouver un emploi plus près, mutation, caractéristiques du poste ou contraintes familiales particulières, par exemple.
Il faut aussi tenir compte du nombre réel de jours travaillés. Les jours de télétravail, de congé, d’arrêt de travail ou d’absence ne génèrent pas de trajet domicile-travail déductible.
Les dépenses que vous pouvez ajouter au barème
Certaines dépenses professionnelles ne sont pas incluses dans le barème kilométrique et peuvent, sous conditions, s’ajouter au montant calculé :
- les péages liés aux trajets professionnels ;
- les frais de stationnement engagés pour ces déplacements ;
- les intérêts d’un crédit souscrit pour acheter le véhicule, à proportion de l’usage professionnel ;
- certains frais spécifiques justifiés et non déjà compris dans le barème.
Conservez les reçus de péage, tickets ou factures de stationnement, ainsi que les documents permettant de calculer la part professionnelle des intérêts d’emprunt.
Remboursement de l’employeur : ne pas le confondre avec le barème fiscal
Une indemnité kilométrique versée par l’employeur correspond à une note de frais professionnelle. Elle sert à compenser l’utilisation d’un véhicule personnel dans le cadre des missions. L’employeur peut s’appuyer sur le barème fiscal ou sur les limites d’exonération publiées par les organismes sociaux, mais les modalités dépendent aussi de la politique interne, du contrat et des justificatifs demandés.
Le remboursement ne se confond pas avec une déduction sur la déclaration de revenus :
- si l’employeur rembourse intégralement les déplacements, vous ne pouvez pas déduire ces mêmes frais une seconde fois ;
- s’il ne rembourse qu’une partie, seule la fraction restée à votre charge peut être prise en compte en frais réels ;
- les modalités de déclaration des allocations ou remboursements peuvent varier selon leur traitement sur votre bulletin de paie et les justificatifs produits.
Pour les remboursements professionnels, consultez la politique de frais de votre entreprise et les règles actualisées de l’Urssaf. Pour la déclaration, suivez les indications d’impots.gouv.fr et vérifiez votre déclaration préremplie avant validation.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
Quelques erreurs réduisent la crédibilité d’une déclaration ou conduisent à une déduction excessive :
- Utiliser le mauvais barème annuel : le millésime dépend de l’année des revenus déclarés, pas de l’année où vous remplissez votre tableau.
- Se tromper de puissance : utilisez les chevaux fiscaux, et non la puissance du moteur en chevaux DIN.
- Déclarer les kilomètres personnels : sorties privées, vacances ou détours de convenance ne sont pas déductibles.
- Compter les jours télétravaillés : sans déplacement, aucun kilomètre domicile-travail ne peut être retenu.
- Ajouter le carburant au barème : cette dépense est déjà couverte par le forfait.
- Déduire une distance domicile-travail excessive sans justificatif : au-delà de la limite habituelle, un motif objectif est nécessaire.
- Oublier les remboursements de l’entreprise : ils doivent être pris en compte pour éviter un double avantage fiscal.
Quels justificatifs conserver et pendant combien de temps ?
La déclaration en ligne ne demande pas toujours de joindre les pièces, mais vous devez pouvoir démontrer la réalité et le montant de vos frais. Gardez notamment :
- la carte grise ou le certificat d’immatriculation ;
- votre contrat de travail ou des éléments établissant le lieu de travail ;
- un calendrier des jours de présence et de télétravail ;
- le détail des itinéraires et kilométrages ;
- les ordres de mission, convocations ou agendas professionnels ;
- les justificatifs de péage, parking et, le cas échéant, d’intérêts d’emprunt ;
- les relevés de remboursement de frais de votre employeur.
Conservez-les pendant le délai durant lequel l’administration fiscale peut contrôler votre déclaration. En cas de situation inhabituelle, très longue distance, plusieurs employeurs, véhicule prêté, covoiturage ou frais importants, une note explicative claire jointe à vos documents personnels est particulièrement utile.
En pratique
Pour les frais kilométriques 2024, retenez surtout que le barème appliqué aux revenus 2023 est resté stable. Relevez vos kilomètres professionnels réellement effectués, appliquez la formule liée à votre puissance fiscale, majorez de 20 % si votre voiture est électrique et ajoutez uniquement les dépenses admises hors barème.
Avant de choisir les frais réels, comparez leur total avec la déduction forfaitaire de 10 %. Enfin, ne cumulez jamais remboursement employeur et déduction fiscale pour un même coût : une déclaration précise, cohérente et documentée est la meilleure protection en cas de contrôle.
Questions fréquentes
Le barème kilométrique 2024 a-t-il augmenté ?
Non, le barème kilométrique publié en 2024 pour déclarer les revenus de 2023 est resté identique au barème précédent. Il n’y a donc pas eu de revalorisation générale des coefficients automobiles à cette échéance.
Quel barème utiliser pour les kilomètres parcourus en 2024 ?
Les kilomètres professionnels réalisés en 2024 sont à déclarer avec les revenus de 2024, lors de la déclaration déposée en 2025. Il faut donc utiliser le barème publié pour cette campagne, et non automatiquement celui appelé « barème 2024 ».
Puis-je ajouter l’essence au barème kilométrique ?
Non. Le carburant, ou l’électricité de recharge pour un véhicule électrique, est déjà inclus dans le barème kilométrique. Vous pouvez en revanche ajouter, sous conditions et avec justificatifs, les péages et frais de stationnement professionnels.
Comment calculer les frais kilométriques pour une voiture électrique ?
Calculez d’abord le montant avec la formule correspondant à la puissance fiscale et au nombre de kilomètres professionnels. Majorez ensuite le résultat de 20 % pour un véhicule exclusivement électrique, sans ajouter séparément les frais de recharge.
Mon employeur rembourse mes indemnités kilométriques : puis-je aussi les déduire ?
Vous ne pouvez pas déduire une seconde fois la part des frais déjà remboursée par l’employeur. Si le remboursement est partiel et que vous optez pour les frais réels, seule la part effectivement restée à votre charge peut être prise en compte, selon les règles déclaratives applicables.
Puis-je déduire tous mes kilomètres domicile-travail ?
Pas systématiquement. La distance domicile-travail est en principe admise dans une limite de 40 km par trajet simple ; au-delà, vous devez pouvoir justifier l’éloignement par des circonstances professionnelles ou familiales objectives. Les jours de télétravail et d’absence doivent être exclus du calcul.