Argent, Finance & Assurance

Peut-On assurer un cheval participant à des activités de zoothérapie ?

Assurer un cheval de zoothérapie : garanties, responsabilités, exclusions et démarches pour assurer et sécuriser vos séances encadrées de médiation animale.

Cheval calme accompagné par une intervenante et un participant lors d’une séance de médiation équine

Oui, un cheval participant à des activités de zoothérapie peut être assuré. Mais une assurance équine classique, souscrite pour un cheval de loisir ou de compétition, ne suffit pas systématiquement. Dès lors que l’animal intervient auprès de bénéficiaires dans un cadre organisé, régulier, rémunéré ou associatif, le risque à déclarer change.

La difficulté consiste moins à trouver une assurance qu’à faire couvrir la réalité exacte des séances : médiation équine au sol, promenades accompagnées, ateliers en établissement, travail avec des personnes âgées, des enfants ou des personnes en situation de handicap, transport de l’animal, présence de bénévoles… Voici les garanties à envisager, les exclusions à repérer et la méthode pour bâtir une protection cohérente.

Oui, à condition de déclarer l’usage professionnel ou organisé du cheval

Le terme « zoothérapie » est fréquemment employé pour désigner la médiation animale, c’est-à-dire des activités où la relation avec l’animal soutient le bien-être, la communication, la motricité ou le lien social. Avec un cheval, on parle aussi de médiation équine. Selon les objectifs, le lieu et les qualifications de l’intervenant, la pratique peut être très différente d’une séance à l’autre.

Pour l’assureur, ce qui compte n’est donc pas seulement l’espèce ou la valeur du cheval, mais le contexte d’utilisation :

  • le cheval est-il utilisé à titre privé, bénévole, associatif ou professionnel ;
  • les séances sont-elles payantes ou incluses dans une prestation ;
  • les participants montent-ils le cheval, le conduisent-ils en main ou restent-ils à proximité ;
  • quels publics sont accueillis, notamment s’ils présentent une vulnérabilité particulière ;
  • l’activité a-t-elle lieu dans votre structure, chez des particuliers ou dans des établissements partenaires ;
  • qui encadre le cheval et les participants ;
  • y a-t-il des déplacements en van ou en camion.

Un contrat couvrant un cheval « de loisir » peut exclure, limiter ou ne pas prévoir les dommages survenus lors d’un usage professionnel, commercial, d’enseignement ou d’animation. Il faut donc demander une confirmation écrite de l’assureur, idéalement dans les conditions particulières ou par une attestation détaillant l’activité déclarée.

Les assurances à combiner pour une activité de médiation équine

Il n’existe pas forcément une formule unique intitulée « assurance zoothérapie équine ». En pratique, la protection repose souvent sur plusieurs contrats complémentaires. La responsabilité liée à l’animal, la santé du cheval et les dommages subis par les participants ne répondent pas aux mêmes besoins.

GarantieCe qu’elle peut couvrirPoint à vérifier absolument
Responsabilité civile professionnelle (RC Pro)Dommages causés à un bénéficiaire, un proche ou un tiers du fait de votre activitéLa médiation animale ou équine doit être explicitement admise
Responsabilité civile exploitationAccidents liés au fonctionnement de la structure, aux lieux et à l’accueil du publicSon articulation avec la RC Pro et les intervenants extérieurs
Assurance du chevalFrais vétérinaires, décès, invalidité ou vol selon les optionsL’acceptation de l’usage en médiation, animation ou activité rémunérée
Individuelle accident des participantsPréjudices corporels d’un participant sans responsable identifiéLes limites d’âge, activités garanties et montants prévus
Assurance transport et véhiculeRisques liés au van, au camion et parfois au transport de l’animalLes garanties applicables au cheval transporté et au matériel

La responsabilité civile professionnelle : la base de la protection

La RC Pro indemnise les dommages que vous pourriez causer à autrui dans le cadre de votre activité lorsque votre responsabilité est engagée. Exemple : un défaut d’encadrement, une consigne inadaptée, un matériel mal entretenu ou l’absence de précaution attendue contribue à l’accident d’un participant.

Elle peut concerner les dommages :

  • corporels : chute, coup de pied, morsure, blessure lors d’une manipulation ;
  • matériels : lunettes, fauteuil, téléphone ou équipement endommagé ;
  • immatériels consécutifs : perte financière découlant directement d’un dommage garanti, dans les limites prévues au contrat.

Demandez une RC Pro qui mentionne clairement votre activité réelle : « médiation animale », « médiation équine », « animation avec équidés » ou toute formulation validée par l’assureur. Si vous proposez aussi des séances montées, de l’initiation, des balades ou de l’accompagnement équestre, signalez-le : ces pratiques peuvent nécessiter une extension distincte.

La responsabilité du gardien de l’animal

En France, le Code civil prévoit que le propriétaire d’un animal, ou la personne qui s’en sert, peut être responsable des dommages causés par celui-ci. Dans les faits, la question de la garde du cheval est importante : elle peut dépendre de la personne qui en assurait l’usage, la direction et le contrôle au moment de l’accident.

Il est donc prudent de clarifier, dans vos contrats et conventions :

  • qui est propriétaire du cheval ;
  • qui le manipule durant la séance ;
  • si un intervenant indépendant apporte son propre cheval ;
  • qui supervise les bénéficiaires ;
  • quelles assurances chaque partie doit détenir.

L’assurance santé, mortalité ou perte d’usage du cheval

Un cheval de médiation représente à la fois un compagnon de travail et un investissement. Une assurance équine peut inclure, selon la formule :

  • une prise en charge de certains frais vétérinaires après accident ou maladie ;
  • un capital en cas de décès ou, selon le contrat, de vol ;
  • une garantie d’invalidité ou de perte d’usage ;
  • parfois des frais liés à une chirurgie ou à une hospitalisation.

Ces garanties n’indemnisent pas les participants blessés : elles protègent avant tout le cheval et son propriétaire. L’assureur peut demander des informations sur son âge, son état de santé, sa valeur, ses antécédents et son activité. Une visite vétérinaire ou des exclusions pour affections antérieures sont possibles.

Pour un cheval qui joue un rôle central dans votre activité, vérifiez surtout la définition de la perte d’usage. Un cheval peut rester apte à vivre au pré sans être capable d’assurer des séances au sol, de supporter des déplacements fréquents ou d’être monté. Les critères retenus par le contrat doivent correspondre à votre pratique effective.

Pourquoi l’individuelle accident des participants est souvent utile

La responsabilité civile n’intervient pas automatiquement dès qu’une personne est blessée. Elle suppose généralement qu’une responsabilité soit retenue. Or un accident peut survenir sans faute clairement établie : un bénéficiaire perd l’équilibre, trébuche ou fait un mouvement imprévisible malgré un encadrement sérieux.

Une garantie individuelle accident peut alors compléter le dispositif, selon ses conditions. Elle peut prévoir des prestations pour certains préjudices corporels, indépendamment de la recherche d’un responsable. Cette couverture peut être souscrite par la structure, proposée aux participants ou déjà incluse dans une adhésion associative : tout dépend du montage choisi.

Elle est particulièrement pertinente lorsque vous accueillez :

  • des enfants ou des groupes scolaires ;
  • des personnes âgées ;
  • des personnes ayant des difficultés de mobilité, de perception ou de communication ;
  • des publics adressés par un établissement sanitaire, social ou médico-social.

Les exclusions et limites à lire avant de signer

Les exclusions sont souvent plus déterminantes que le nom commercial du contrat. Lisez les conditions générales, les conditions particulières et les éventuelles annexes avant de considérer votre activité comme couverte.

Les exclusions fréquemment rencontrées

Sans être systématiques, les points suivants doivent attirer votre attention :

  • activité professionnelle non déclarée ou prestation rémunérée non prévue ;
  • enseignement de l’équitation, promenade, compétition ou travail monté exclus ;
  • dommages causés par un animal utilisé hors de la finalité déclarée ;
  • participation de bénévoles, stagiaires, salariés ou sous-traitants non couverte ;
  • accidents lors du chargement, du déchargement ou du transport ;
  • affections antérieures, maladies chroniques et délais de carence pour l’assurance santé ;
  • plafonds d’indemnisation, franchises et sous-limites spécifiques aux dommages corporels ;
  • exclusion des activités menées dans certains établissements ou hors des lieux déclarés.

Ne vous contentez pas d’une réponse orale du type « oui, les chevaux sont couverts ». Posez la question dans des termes précis : « Mon cheval participe à des séances encadrées de médiation équine avec tel public, au sol et/ou montées, dans tels lieux, parfois contre rémunération. Cette activité est-elle garantie ? »

Attention aux assurances personnelles et à la responsabilité civile vie privée

Une responsabilité civile vie privée, incluse par exemple dans une assurance habitation, est conçue pour les dommages de la vie courante. Elle exclut généralement les activités professionnelles, rémunérées ou organisées. Elle ne doit pas être considérée comme un filet de sécurité suffisant pour une activité structurée de zoothérapie.

De même, une assurance d’établissement partenaire ne couvre pas automatiquement votre intervention, votre cheval ou vos propres obligations. Une maison de retraite, un centre spécialisé ou une école peut exiger votre attestation d’assurance, tout en conservant sa propre responsabilité pour l’organisation de ses locaux et de son public.

Comment faire assurer correctement votre cheval : la méthode en 6 étapes

Avant de comparer les devis, préparez une fiche d’activité claire. Elle permettra à l’assureur ou au courtier de vous orienter vers un contrat réellement adapté.

  1. Décrivez les séances sans vocabulaire flou. Indiquez si les participants brossent le cheval, le mènent en main, travaillent à distance, montent, accompagnent une promenade ou réalisent des exercices à pied.
  2. Précisez le cadre économique et juridique. Activité indépendante, association, pension, centre équestre, intervention ponctuelle ou prestation facturée : ces éléments influencent le contrat.
  3. Déclarez les lieux et les déplacements. Séances dans vos installations, chez un partenaire, en extérieur, transport du cheval et fréquence approximative des interventions doivent être signalés.
  4. Présentez le public accueilli. Sans communiquer de données personnelles, expliquez la tranche d’âge, les besoins spécifiques éventuels et le nombre maximal de personnes par séance.
  5. Listez les personnes qui interviennent. Salariés, bénévoles, stagiaires, propriétaires du cheval, accompagnants de l’établissement et prestataires indépendants doivent avoir un rôle clairement défini.
  6. Demandez les exclusions par écrit. Comparez les plafonds, franchises, garanties territoriales, obligations de prévention et modalités de déclaration d’un sinistre.

Cas particuliers : établissement, association, intervenant indépendant

Vous intervenez dans un EHPAD, une école ou un établissement spécialisé

Une convention d’intervention est vivement recommandée. Elle peut prévoir les horaires, les zones utilisées, les règles d’accès, le rôle des accompagnants, les conditions d’annulation et les assurances de chaque partie.

Demandez à l’établissement quelles exigences s’appliquent à ses intervenants extérieurs. De votre côté, fournissez une attestation à jour, mais vérifiez qu’elle correspond bien à la médiation équine et non à une activité générale mal définie.

Vous exercez en association avec des bénévoles

L’assurance de l’association peut couvrir la responsabilité de ses dirigeants, activités et bénévoles, mais cela dépend du contrat. Vérifiez notamment si le cheval appartient à l’association, à un adhérent ou à un tiers, et si le propriétaire conserve la garde de l’animal lors des séances.

Les bénévoles ne sont pas automatiquement protégés dans toutes les situations. Une garantie individuelle accident et une assurance responsabilité adaptée à leur mission méritent d’être étudiées.

Vous êtes propriétaire du cheval et intervenant indépendant

Vous aurez souvent besoin d’une combinaison entre RC Pro, assurance équine et, si vous possédez un véhicule de transport, garanties adaptées au van ou au camion. Si vous travaillez chez plusieurs partenaires, assurez-vous que la couverture n’est pas limitée à une seule adresse ou à un seul site.

Réduire le risque : la prévention compte autant que l’assurance

Aucune assurance ne remplace une organisation rigoureuse. Elle peut indemniser un dommage garanti, mais ne protège ni la relation avec les bénéficiaires ni la continuité de votre activité après un accident.

Mettez en place des règles simples et traçables :

  • sélectionnez un cheval physiquement apte, habitué au contact humain et adapté au type de public ;
  • prévoyez une évaluation vétérinaire régulière et respectez les signes de fatigue, de douleur ou de stress ;
  • limitez le nombre de participants et maintenez un ratio d’encadrement cohérent ;
  • définissez les gestes autorisés, les distances de sécurité et les zones interdites ;
  • adaptez le matériel : licol, longe, protections, casque lorsqu’il est pertinent, sol non glissant et accès sécurisé ;
  • recueillez les informations utiles avec les responsables concernés, notamment les besoins d’accompagnement ou contre-indications communiquées par les professionnels compétents ;
  • prévoyez un plan d’urgence, une trousse de premiers secours et un registre des incidents, même mineurs.

Quel budget prévoir ?

Le coût dépend fortement du cheval, de sa valeur assurée, de son âge, de son état de santé, du niveau de garanties choisi, du chiffre d’affaires ou du volume d’activité, des publics accueillis, des lieux d’intervention et de votre historique de sinistres. Il n’existe donc pas de tarif universel fiable pour la zoothérapie équine.

Comparez plutôt le niveau réel de protection : franchise, plafond par sinistre et par année, extension pour le travail monté, transport, frais vétérinaires, bénévoles, intervenants et participants. Un contrat moins cher peut s’avérer inadapté s’il exclut précisément l’activité qui justifie votre assurance.

Solliciter plusieurs devis auprès d’assureurs connaissant les équidés, les activités équestres ou les professions de médiation animale est généralement la meilleure approche. En cas de montage complexe, structure, plusieurs chevaux, interventions en établissements et salariés, l’avis d’un courtier spécialisé peut aider à coordonner les garanties.

En pratique

Assurer un cheval participant à des activités de zoothérapie est possible, et même essentiel dès que les séances sont organisées. Commencez par décrire précisément votre pratique, puis recherchez une RC Pro acceptant explicitement la médiation équine, complétée selon vos besoins par une assurance du cheval, une individuelle accident pour les participants et les garanties de transport.

Avant toute première intervention, obtenez une attestation écrite, relisez les exclusions et formalisez vos règles de sécurité avec les partenaires. Cette démarche protège le cheval, les bénéficiaires, votre structure et la pérennité de votre activité.

Questions fréquentes

L’assurance d’un cheval de loisir couvre-t-elle la zoothérapie ?

Pas nécessairement. Les contrats destinés aux chevaux de loisir peuvent exclure les usages professionnels, rémunérés, d’animation ou d’enseignement. Il faut déclarer la médiation équine à l’assureur et obtenir une confirmation écrite que cette utilisation est bien garantie.

Une assurance spécifique « zoothérapie » est-elle obligatoire ?

Il n’existe pas, en règle générale, une police unique obligatoire portant ce nom pour tous les intervenants. En revanche, une responsabilité civile adaptée à l’activité est fortement recommandée et peut être exigée par les établissements partenaires, les clients ou les conventions d’intervention.

Que se passe-t-il si un participant est blessé par le cheval sans faute de l’intervenant ?

La responsabilité liée à l’animal peut être recherchée selon les circonstances, mais l’indemnisation n’est pas automatique au titre de la RC Pro. Une garantie individuelle accident pour les participants peut compléter utilement la protection lorsqu’aucune faute n’est clairement établie.

Peut-on assurer les frais vétérinaires d’un cheval utilisé en médiation animale ?

Oui, certaines assurances équines couvrent tout ou partie des frais vétérinaires, voire le décès ou l’invalidité selon les options. Vous devez déclarer l’usage du cheval, son âge, ses antécédents et vérifier les exclusions, délais de carence et plafonds de remboursement.

L’assurance de l’EHPAD ou de l’école qui accueille la séance suffit-elle ?

Non, elle ne couvre pas automatiquement l’intervenant extérieur, son cheval ni sa responsabilité professionnelle. Une convention doit répartir les rôles de chacun, et chaque partie doit vérifier ses propres garanties avant le début des séances.

Faut-il assurer les bénévoles qui participent aux séances de médiation équine ?

Oui, leur statut doit être signalé à l’assureur de l’association ou de la structure. Vérifiez qu’ils sont couverts au titre de la responsabilité civile de l’activité et envisagez une individuelle accident pour les dommages qu’ils pourraient subir eux-mêmes.